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Afghanistan : Des médecins, des artistes sont menacés, il y a urgence à faire ce travail d’accueil

(Article mis à jour le 19 août)

19 août - Je confirme ce matin par courrier ce que j’ai demandé au Ministre des Affaires étrangères concernant le rapatriement d’Afghans menacés par le retour des Talibans.

Mon courrier au Ministre (PDF - 897.3 ko)
Mon courrier au Ministre

Extrait.

"Au-delà de nos compatriotes français se pose la question des réfugiés dont la France a reconnu le statut prouvant le danger que représente de vivre en Afghanistan pour eux. Ce statut reconnait la responsabilité de notre nation dans la protection face aux exactions dont ils sont menacés. Actuellement l’obtention d’un visa exige une procédure de deux ans, et pourtant l’urgence est de mettre à l’abri, à la fois nos compatriotes français mais également les familles de réfugiés.

Reconnus comme en danger sur place, comme leur famille dont généralement un membre est en France, je m’interroge sur vos dispositifs que vous allez établir afin de les mettre en sécurité, ceux pour l’obtention rapide de leur visa. Est-il envisageable, par exemple qu’une autre ambassade puisse leur délivrer leurs visas ?

Car l’absence de diplomate français à court terme à Kaboul fait craindre une absence de gestion des réfugiés afghans dont les dossiers pour rejoindre la France seraient recevables. J’aimerai me voir préciser si une hiérarchie dans cette liste de familles va être opérée.

Je m’interroge également, au-delà de cette gestion de liste, sur les possibilités de joindre sur place les réfugiés concernés par ces départs, sachant que de nombreuses familles ne parviennent plus à avoir de communication sur place, et les moyens qui vont être affrétés pour aller les chercher.

Les associations relèvent environ 6 000 demandes de réunification en cours dont les numéros de demandes de visas sont connus des services. Aussi j’aimerai avoir des précisions quant à l’organisation de l’extraction, de la mise à l’abri de ces réfugiés."

17 août - Face aux Talibans, c’est dans l’urgence que la France doit agir pour aider la population afghane !

Le chef de l’Etat, hier, s’est fait l’écho des inquiétudes profondes que provoquent l’offensive militaire et la prise de pouvoir des Talibans en Afghanistan. Des dizaines de milliers de femmes et d’hommes, souvent jeunes, sont directement menacés de mort par l’instauration d’une féroce dictature théocratique. Nous leur devons solidarité et soutien.

Depuis ce week-end, les autorités françaises finissent d’évacuer nos ressortissants et évoquent le nombre de 600 Afghans accueillis dans notre pays. Nous ne pouvons que nous en féliciter, mais c’est bien à toutes celles et tous ceux qui chercheront asile dans un pays de l’Union européenne et en France que ce droit devra être garanti, en application des conventions internationales, à commencer par la Convention de Genève.

C’est ce que la France doit affirmer solennellement, plutôt que de brandir, comme vient de le faire le président de la République, le spectre des « flux migratoires ». Il n’est, de ce point de vue, pas admissible que le gouvernement souscrive au projet d’inclure les réfugiés afghans dans l’odieux accord UE-Turquie sur les réfugiés syriens dont il bafoue déjà les droits fondamentaux.

Cinquante ans de guerre et d’interventions militaires étrangères, auxquels les gouvernements français successifs ont participé, ont fait de l’Afghanistan un pays ruiné et dépendant. En laissant ce dernier aux mains d’élites corrompues, plutôt que d’aider la population à construire une véritable démocratie, ils ont poussé 2,6 millions d’Afghans à se réfugier dans les pires conditions hors des frontières, le plus souvent en Iran, en Turquie ou en Asie centrale. La prise de pouvoir des Talibans chasse de nouveau des dizaines de milliers d’entre eux. Notre devoir est, sans hésiter, d’accueillir toutes celles et tous ceux qui le souhaitent.

C’est le sentiment aussi que la guerre ne sert à rien. J’ai une pensée pour tous les soldats français que j’étais allé voir. Rien a changé depuis, alors que des voix se sont élevées pendant des années. Quand la France a quitté l’Afghanistan, on n’a cessé d’interpeller les gouvernements, pour dire l’Afghanistan a besoin de coopération, d’aide au développement. Ca a piétiné, ça n’a pas avancé.

Aujourd’hui les États-Unis abandonnent cyniquement l’Afghanistan aux Talibans, organisant le chaos dans toute cette région, au mépris des conséquences que cette attitude ne manquera pas d’avoir sur la sécurité et la paix du monde. L’heure n’est pas aux discours convenus, aux promesses de circonstances, aux exercices d’autosatisfaction.

C’est dans l’urgence qu’il faut agir pour sauver des vies ! L’accord signé entre le président Trump et les Talibans, sans la participation aux discussions d’aucun autre représentant afghan, date de février 2020 et c’est en avril de cette année que son successeur, Joe Biden, a annoncé le retrait des troupes étasuniennes et de l’Otan pour cet été. Que de temps perdu,depuis 2020, à observer sans agir les Talibans fouler aux pieds le prétendu « accord de paix » et, depuis plusieurs mois, engager leurs troupes dans la reconquête militaire du pays.

Quelles ont été, et quelles seront, les initiatives diplomatiques de la France pour empêcher la violence revancharde des Talibans de se déployer ? Quelles actions notre pays compte-t-il proposer pour isoler un régime aux prétentions tyranniques de la communauté internationale, en s’attaquant notamment à ses sources de financement et à ses trafics ? Comment, au-delà des déclarations d’intention, seront appuyées les forces démocratiques afghanes ? Quelle attitude, et quelles sanctions, notre diplomatie compte-t-elle proposer vis-à-vis du Pakistan et des États soutenant de près ou de loin les Talibans ?

C’est avec l’ONU, son Conseil de sécurité et son Assemblée générale, son Comité des droits de l’homme, son Haut commissariat aux réfugiés, que toutes ces questions doivent être traitées sans plus tarder en présence de représentant-e-s des forces démocratiques et de la société civile afghanes.

Tout doit être fait pour aider les Afghan-e-s à reprendre le contrôle de leur destinée, à vivre en pays et en sécurité, dans une société pluraliste et démocratique.

Je regrette une nouvelle fois que sur le plan international notre pays ait éteint ses lumières, en dirigeant sa politique étrangère au service exclusif d’intérêts économiques particuliers, et plus des intérêts démocratiques, des droits fondamentaux des peuples et des nations.

S’éloignant ainsi mécaniquement des chances de paix durable.

Le fiasco de l’Afghanistan, après celui du Sahel, de la Lybie, vient encore de l’attester.

La France de Macron soutient des régimes corrompus toujours prêts à rendre service aux multinationales et aux intérêts privés. Puis, quand cela tourne mal, et cela finit toujours par mal tourner, le Président en personne ouvre le parapluie devant la Nation pour prévenir contre de futures migrations.

Comme s’il n’y était pour rien, comme si c’était une question de fatalité. C’est indigne. Et humainement abjecte.

Au Havre, des Afghans inquiets pour leur famille (HTML - 708.9 ko)
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