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L’argent public du Plan de relance doit servir à consolider le site Safran Nacelles de Gonfreville l’Orcher

15 juin - A l’occasion de la séance des questions orales ce matin à l’Assemblée, j’ai interrogé le gouvernement sur ce qu’il compte faire pour que le Plan de relance en faveur de l’aéronautique serve à consolider le site Safran Nacelles de Gonfreville l’Orcher et non celui de Casablanca au Maroc ?

Safran Nacelles, un fleuron industriel du Havre et de Gonfreville l’Orcher doit se renforcer et se diversifier pour continuer à faire vivre l’industrie aéronautique sur notre territoire !

L’argent public du Plan de relance doit servir à cet objectif et non à verser des dividendes aux actionnaires et à consolider des productions hors de France.

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Texte de ma question :

"Madame la Ministre,

Parmi les secteurs très touchés par la crise, l’aéronautique et ses 202.000 salariés, bénéficie d’un fort engagement de l’État à hauteur de 15 milliards d’euros.

Malgré les demandes répétées de plusieurs groupes parlementaires, le gouvernement n’a pas conditionné ces aides publiques à l’interdiction faite aux bénéficiaires de distribuer des dividendes à leurs actionnaires pendant cette période.

En conséquence de quoi, un groupe comme Safran dont l’État est actionnaire et siège au Conseil d’administration, a pu réaliser en 2020 au plus fort de la crise, un résultat net de 850 millions d’euros, dont 180 millions ont été reversés à ses actionnaires.

Or ce groupe a perçu sur cette même année, 250 millions d’euros d’argent public si l’on retient uniquement l’aide apportée au titre de l’activité partielle de longue durée.

Il existe un sentiment de double peine pour ces salariés qui, en tant que contribuables, se financent leur activité partielle et subissent des pertes de salaire et d’emploi, alors que certains se versent des primes.

Car, pour ne prendre que l’exemple du site du Havre/Gonfreville l’Orcher que je connais bien, l’effectif de l’entreprise est passé de 1.720 emplois en 2019, à 1.551 aujourd’hui.

Les actionnaires eux, non contents des 5 % de marge obtenue par Safran Nacelles en pleine crise, ont annoncé l’objectif d’un retour à deux chiffres dès 2024, c’est-à-dire au même niveau que le résultat de 2019, année qualifiée de « référence en termes de niveau de performance ».

Que compte faire le gouvernement pour imposer aux entreprises qui ont bénéficié de l’argent public, que leurs effectifs retrouvent eux aussi leur niveau de cette même année ?

Par ailleurs, et contrairement à ce qui peut se pratiquer dans d’autres pays comme en Allemagne, le gouvernement a refusé de conditionner ces différentes aides publiques massives au maintien de l’emploi et des sites de production en France.

Alors même que l’un des enseignements de cette crise commande, et ça a été dit souvent par les ministres dans cet hémicycle, de réindustrialiser, de relocaliser dans notre pays et en Europe.

Résultat concret, le programme de production de l’A320 Néo, programme phare de Safran Nacelles réparti de manière équilibrée avant la crise entre ses sites de production en Angleterre, en France et au Maroc, a été réorienté pour se passer du site britannique et de ses 110.000 heures de travail.

Vous me direz, l’Angleterre a quitté l’Union européenne, ce n’est plus notre problème.

Sauf que, ces 110.000 heures ne seront réaffectées qu’à hauteur de 20.000 heures en France et 90.000 au Maroc, un pays où la main-d’œuvre est à bas coût, et ce malgré l’opposition exprimée par le Comité d’entreprise européen de Safran le 21 avril dernier et le CSE central.

Cette situation place d’ailleurs le site de Gonfreville l’Orcher en situation quasi de mono-production, et l’expose ainsi à un risque en cas de revers sur ce programme.

Comment le gouvernement compte-t-il faire pour que le Plan de relance serve l’emploi en France plutôt que les marges actionnariales et des délocalisations à l’étranger ?"

Dans sa réponse, la Ministre a relativisé en rappelant ce que le gouvernement a mobilisé pour soutenir l’aéronautique. Sauf que je n’ai jamais dit le contraire.

Tout simplement ce n’était pas ma question !

Comment expliquer à nos concitoyens et en particulier aux salariés de ces entreprises, que leurs impôts aura directement permis d’accroitre les dividendes des actionnaires, alors que l’emploi a reculé et que les salaires sont congelés ?

Une situation en totale contradiction avec la mission confiée par le 1er Ministre au Député Barrot chargé de vérifier sur le terrain que « le rebond économique insufflé par les mesures du Plan de relance est bien (je cite), en adéquation avec les besoins des territoires ».

A défaut de s’être rendu à Casablanca, Jean-Noël Barrot a visité le site Safran-Nacelles de Gonfreville l’Orcher. Il a été alerté par le Maire de cette commune sur cette situation qui, visiblement laisse l’Etat actionnaire sans voix.