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La situation politique en Côté d’Ivoire mérite l’attention et la plus grande prudence de la part des observateurs étrangers

19 août - La situation politique en Côté d’Ivoire mérite l’attention et la plus grande prudence de la part des observateurs étrangers. Le pays traverse une crise institutionnelle majeure alors même que l’unité nationale est nécessaire pour faire face au COVID-19 et à ses conséquences.

En 2016, lors de la réforme constitutionnelle, le président de la République Alasanne Ouattara ainsi que de nombreux cadres de son Parti, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), étaient pourtant clairs : il ne briguera pas un troisième mandat en 2020, ce qu’il annonce pourtant faire depuis peu.

La raison invoquée est le décès prématuré de son successeur, le premier ministre Amadou Gon Coulibaly. Confronté à la disparition tragique de son dauphin, le Président Ouattara entend combler ce vide lui-même, ce qu’un régime démocratique ne peut tolérer. Dans un tel régime, le pouvoir ne se transmet que par les urnes, et dans un cadre institutionnel juste. Si le RHDP s’estime républicain, il aalors le devoir d’écouter l’opposition et de présenter un autre candidat à la succession de Ouattara, qu’il soit adoubé par ce-dernier ou non.

Un tel comportement de la part du pouvoir aboutit à une perte de confiance dans les institutions, alors même que celles-ci sont fondamentales pour empêcher le désordre, si périlleux en temps de crise sanitaire. La violence des affrontements entre soutiens et partisans du Président Ouattara ont déjà fait plusieurs morts, et le risque d’escalade ne peut pas être écarté.

L’histoire politique récente de la Côte d’Ivoire démontre à la fois de la personnalisation du débat politique, et des difficultés rencontrées pour le pacifier. Que ce conflit se soit achevé par l’arrestation de Laurent Gbagbo, poussée par la France, qui aboutira à la déclaration de son innocence par la Cour Pénal Internationale, est un exemple de la résolution personnelle du conflit politique dans le pays, et de son échec à réconcilier la communauté nationale.

Aussi faut-il être prudent. Les conséquences d’une perte de contrôle pourraient être catastrophiques pour la vie des ivoirien.ne.s, rendant urgente une solution politique. Il faut que le pouvoir restaure la confiance des citoyen.ne.s dans leurs institutions, ce à quoi la répression ne peut parvenir.

Pour complément d’information :

https://news.un.org/fr/story/2020/08/1075232