Avec Jean-Paul Lecoq et Nathalie Nail, la voix des gens d’ici à l’Assemblée Nationale   La voix des Gens d'ici
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Le Grand débat à l’Assemblée : j’interviens pour une Démocratie des citoyens !

3 avril - Je suis intervenu cet après midi dans le cadre du débat sur la Démocratie et la citoyenneté organisé à l’Assemblée Nationale.

La vidéo de mon intervention :

Pour une démocratie des citoyens ! - YouTube {HTML}
Texte de mon intervention en intégralité (PDF - 15.2 ko)
Texte de mon intervention en intégralité

"Depuis 20 semaines, les nombreuses mobilisations sociales et citoyennes qui se succèdent, comme celles qui les ont précédées, sont les expressions d’un peuple, certes pluriel, mais qui se retrouve pour converger vers l’essentiel.

Le besoin de justice sociale, fiscale et territoriale.

Et, c’est mon propos, la volonté de prendre sa destinée en main, refusant de se laisser dicter plus longtemps les choses par ceux qui leur disent : « votez pour nous et on fera le reste ».

Ce mouvement populaire, malgré la répression qu’il subit, vient nous répondre que le pouvoir en démocratie doit être partagé.

Et, incontestablement, il est né et a grandi à partir des lois dogmatiques menées avec mépris, par les adeptes du néolibéralisme pour qui les chiffres sont la religion, et les citoyens de simples ratios.

(...)

Ils ont, en à peine 15 ans, affaibli la démocratie et renforcé les extrêmes.

En jetant le discrédit sur tout le personnel politique à l’exception notoire du maire et des élus locaux. Et ce n’est pas un hasard.

Parce que les communes, surtout les plus petites, demeurent accessibles et disponibles, malgré un affaiblissement de leurs ressources et de leur capacité à agir.

(...)

Cette défiance populaire qu’il nous faut affronter, et dont les maires sont épargnés, s’exprime notamment à travers l’exigence du référendum d’initiative citoyenne, qui aurait pour objectif de reprendre la main sur un nombre de grandes décisions captées par une élite politique et économique.

Cette notion de démocratie directe et sans filtre n’est peut-être pas la solution, mais il faudra élargir les possibilités de voie référendaire, c’est devenu incontestable.

(...)

Mais les enjeux et les attentes sont encore plus grands.

Redonner la parole aux citoyens ne sera pas suffisant, c’est la co-construction des politiques publiques qu’ils attendent.

C’est respecter et encourager les corps intermédiaires, les élus locaux, les syndicats, les associations, les collectifs, leur donner des moyens.

C’est respecter les gens, chacun étant porteur d’expérience, d’intelligence et de vécu.

Cette expertise d’usage, c’est une richesse qui ne demande qu’à être utilisée, et elle n’est en rien liée au niveau social ou au niveau d’étude.

Cela passe par l’invention de gouvernances partagées, à tous les étages comme cela se pratique déjà dans certaines communes, pour associer les citoyens aux décisions. Pour partager le pouvoir avec eux.

(...)

Je n’ai pas ici le temps de développer, les exemples sont nombreux.

C’est une question de philosophie. Or :

• Qui est prêt ici à partager le pouvoir ?
• Qui se sent réellement le représentant du peuple dans toute sa diversité ?
• Qui n’a d’autres intérêts à défendre que ceux de la Nation ?
• Qui considère l’économie et la finance comme un simple outil de répartition équitable des richesses ?

Nombreux sont celles et ceux ici à avoir été élus sur l’aspiration au dégagisme, avant de subir à leur tour cette injonction en un temps record.

Et nombreux sont celles et ceux ici à considérer que la crise de la démocratie pourrait être soldée par une réduction du nombre d’élus.

Nous vous opposons pour notre part que c’est en renforçant les élus, qu’ils soient issus des mondes politiques, associatifs ou syndicaux, que nous obtiendrons une démocratie ressourcée et régénérée par le partage du pouvoir.

Alors, vous verrez, le plus naturellement du monde, les citoyens se rapprocheront de leurs élus et des politiques publiques qu’ils mènent et cesserons de nous poser la question de notre utilité, qui à elle seule, illustre bien l’échec de ceux qui, depuis le sommet de l’État, président à leurs destinées…"