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L’hypocrisie des péages urbains : un tri sélectif des automobilistes par l’épaisseur de leur porte-monnaie

24 octobre - L’hypocrisie des péages urbains : un tri sélectif des automobilistes par l’épaisseur de leur porte-monnaie !

Le gouvernement vient d’annoncer un avant-projet de loi pour encourager la mise en place de péages pour entrer dans les villes de plus de 100.000 habitants. Le but affiché est de limiter la circulation automobile et ainsi lutter contre la pollution et les nuisances environnementales...

Le projet prévoit un plafond, fixé pour les véhicules légers à 2,50 € dans les agglomérations de plus de 100 000 habitants et à 5 € dans les villes de plus de 500.000 habitants et 10 € maximum pour les poids lourds.

Ce projet de loi devrait être inscrit à l’ordre du jour du Conseil des ministres prochainement et en débat à l’Assemblée en début d’année.

Pour un gouvernement libéral, je note qu’il libéralise surtout tout ce qui touche aux plus aisés. Pour le reste de la population, c’est toujours plus de contraintes, de taxes et de punitions.

L’approche me parait par ailleurs contre productive. En matière d’enjeux environnementaux, il faut à mon sens emporter l’adhésion par des mesures incitatives, et non repousser les Français en associant transition énergétique et dégradation de leur pouvoir d’achat.

En réponse à la nécessaire transition écologique, ce gouvernement fait une fixation sur les véhicules individuels et le porte monnaie des automobilistes et motards que par ailleurs il contribue à assécher : hausse des carburants, bonus-malus écologique sur les ventes de véhicules, hausse du contrôle technique, hausse des tarifs de stationnement, forêt de radars sur les routes…

Comme si les automobilistes et motards étaient la seule cause du réchauffement climatique...

Pourtant un train de fret c’est 50 camions en moins sur les routes. Un navire de croisière à quai pollue autant qu’un million de voitures individuelles. Sur un trajet de 500 km aller-retour en avion, c’est 241 kg de CO2 par passager !

Or, le transport ferroviaire de marchandises est passé de 19 % à 13 % en 5 ans au profit du transport routier.

Que ce gouvernement investisse donc sur le fret ferroviaire, sur la transformation de la flotte maritime et aérienne.

Et, en matière de circulation, qu’il s’attaque au racket opéré sur les autoroutes, des barrières de péages qui ont comme conséquence de reporter les trafics sur les axes secondaires comme c’est le cas pour la RN6015 pourtant parallèle à l’A29 sous utilisée.

Ou qu’il impose aux multinationales qui gèrent les concessions d’autoroute de contribuer à la transition écologique sur les bénéfices considérables qu’elles tirent de cette exploitation.

Ou encore qu’il agisse sur le trafic poids-lourds de transit, un trafic en forte progression pour le compte des transporteurs de toute l’Europe qui sillonnent les routes du pays, et en chute libre pour les transporteurs de l’hexagone.

Que ce gouvernement généralise les transports en commun, qu’il les rende gratuits, pour que chaque automobiliste ait le choix de les utiliser en substitution de sa voiture parce que ça vaut le coup !

Les péages urbains vont encore accroitre les fractures territoriales entre les habitants des grandes villes et ceux des ceintures péri-urbaines ou des communes rurales. C’est le retour au moyen-âge : payer pour avoir le droit d’entrer en ville…

L’exemple de Londres mis en avant par le gouvernement est d’ailleurs intéressant : depuis la création de son péage urbain, le centre s’est fluidifié c’est un fait mais on y croise un nombre impressionnant de 4x4 ou grosses cylindrées… Des conducteurs pas gênés pour payer leur ticket d’entrée. Par contre, en périphérie, comme sur Peckham, Greenwich ou Levisham, les embouteillages se sont aggravés. Ces communes sont congestionnées des heures chaque jour de l’année…

Quant à l’Allemagne parlons-en ! Certes des péages urbains existent mais... toutes les autoroutes sont gratuites !

Décidément ce gouvernement vit hors sol, il se coupe chaque jour un peu plus des réalités des Français.

Reportage de Paris Normandie, du 23 octobre 2018 (PDF - 2.1 Mo)
Reportage de Paris Normandie, du 23 octobre 2018